1er Chapitre : Coupable.
1er jury : coupable.
2eme jury : coupable.
3eme jury : coupable.
(...)
8eme jury : coupable.
Boum. Verdict. Coupable. Coupable d'être innocent. Peine
capitale. Moisir en taule à vie. A ce moment là, t'a
envie de tout péter, t'a envie de hurler ta douleur, ta
envie de crever, quoi. Et sa s'comprend. Quand tu sais que tu
vivra, enfin vivre est un bien grand mot, dans une cellule de 2
metre sur 2, avec un "colocataire" la plupart du temps barjot,
moche, con, tu te dis que c'est pas la joie. Et ta d'la chance
quand ton coloc' est pas homo' et qu'il saute tout c'qui bouge.
Ouai, en taule le sida c'est aussi courant que la grippe. P'tin.
T'es sur de crever avant l'heure, de toute façon. Et quand
c'est pas les maladies, c'est les baston. On aime pas ta gueule, on
te défonce, même si t'a rien fais. La bas, on s'en
tape de ta vie.
Ruki, pauvre Ruki, il a rien fait, il a rien demander à
personne, et il fini en taule juste à cause d'un putain
d'connard qui a flinguer une amie, et qui s'est cassé. Gros
con. Putain.
Arriver mouvementée en taule, sifflement de part et d'autre
de ce p'tit mec, des rires, aussi. Sa va êt' joyeux ici.
Après, fallai qu'il soit casé avec un mec qui a
flinguer toute sa famille, ben ouai, 'pouvais pas êt' avec un
mec "normal",...quoique en taule, t'es jamais normal, t'es pas
là pour rien, à l'exeption de Ruki,
évidemment.
Bon, voyons voir à quoi ressemble son coloc'. Putain.
Choquer, ça c'est du beau gosse! Genre grand brun que toutes
les meufs fantasment dessus. Mais, arrêtons nous ici, Ruki
n'est pas intéressé par les
mecs...enfin...bref.
On s'installe sur son "lit", enfin c'qui sert de lit, parce que un
sommier bien dur avec des draps, j'appelle pas ça un lit. Et
voila que le coloc' se met à s'moquer d'lui. Putain.
- QUOI?! Qu'est c'qui a?!
Putain, Ruki, fallai pas répondre à ce genre de mec.
Bam. Coup dans la gueule. 1er jour et il se fais d'ja remarquer.
Génial.
Ici, c'est la loi du plus fort. T'es faible, alors tu ferme ta
gueule et tu reste dans ton coin sinon t'es mort. Ici, y'a aussi
des clans, les blacks avec les blacks, les japonais avec japonais,
etc... et si t'appartient pas à un groupe, forcément
là aussi t'es mort. Et chaque groupe se doit d'être
raciste, certains bien évidemment, pour échapper aux
coups se disent raciste, sans l'être.
Ici, pas d'amour, juste de la haine, ou de la perversité,
à la limite. Amour rime avec humour. Tu parle d'amour
à quelqu'un, dans le meilleur des cas il t'envoi chier,
sinon il te frappe. Triste sort. Et si par malchance, tu tombe
amoureux, tu dit bye bye à la terre et tu part rejoindre les
gens sous terre.
Bien évidemment, en taule, sa baise à tout bout
d'champ, quand tu t'es pas tapé une blondinette depuis des
lustres, la bête dans ton pantalon se sent délaisser,
faut bien trouver quelque part où la fourrer, après
tout, un trou reste un trou, alors...morale, ne jamais se pencher
en avant pour rammasser quelque chose, sinon, bam.
Pour en revenir à notre petit Ruki. Il vient d'arriver, et
il s'ennuie déjà. T'en a encore pour toute ta vie
bébé. Pour passer le temps, il dort, alors que l'aut'
brun le matte. Ben ouai, les hormones en ébulition, surtout
face à une belle créature. Sa matte, et sa s'fais des
films X dans l'esprit, et sa se sent à l'étroit dans
son jeans. Pas touche sale pervers, Ruki est encore innocent,
autant par ses actes que par son comportement ...
En taule, y'a aussi c'qui sert de bouffe. C'est franch'ment
dégeulasse. T'a envie de gerber tes tripes quand tu vois
ça. Un morceau de pain qui vire au vert. Miam. Tu
préfère crever de faim.
Oh! J'oubliai, les travaux forcés. Ca c'est le pire, tu
taffe toute la journée à pété des
briques en béton, tu passe ta journée sous le soleil
entrain de cramer. Tu transpire, t'en peux plus, t'es presque mort.
Si par malheur tu t'arrête, t'es limite fouetté.
Triste vie, oui.
Ensuite, les douches communes, après le travail, tous
à poil les uns à côté des autres, et sa
matte, et sa tripote, y'en a même qui nickent devant les
autres. C'est aberrant.
Retour aux cellules. Putain, sa promet de souffrir ici. Et l'aut'
qui l'reluque à longueur de temps, ok, il est beau, mais
Ruki aime pas les mecs.
Et le mec en question fais plus fille qu'aut' chose, alors que les
aut' c'est des gros tas de graisse ou de muscle à la limite,
tatoué de partout, avec les cheveux coupés courts.
Lui nan, il est maquiller, il a les cheveux longs, ses
"vêtements" moulants...tout comme Ruki, quoi. Et voila, la
taule sa lobotomise, Ruki s'met à l'matter, génial.
De vrai chiennes en chaleur ces mecs, ici.
Il se tourne face au mur, pour pouvoir dormir en paix, lorsqu'il
sent une main, une grande main, sur...ses fesses. Et ben, il y va
pas par quatres chemins l'inconnu! Ruki se tourne face à lui
et lui administre une belle giffle, qui claque. Trace de main sur
la joue. Sa lui apprendra, tiens.
R. : Nan mais ça va pas?! Tiens pour la peine!
Hop, un petit coup de genoux bien placé. Ca, c'est fait. Et
l'autre qui se tort de douleur. Il sais pas à qui il a
affaire. Petit par la taille, mais grand par la force.